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Le lexique
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La société Thirard est une entreprise familiale indépendante. 
Fondée par Fernand Thirard en 1920, elle est implantée à Fressenneville dans le département de la Somme, au cœur du bassin industriel du Vimeu. La région est traditionnellement spécialisée dans les métiers de la serrurerie, robinetterie et
fonderie de petites pièces. Chaque village y avait sa spécialité et les " fabriques "
du siècle dernier se sont, pour plusieurs d'entre elles, transformées au fil des décennies
en usines modernes et innovantes.
La société Thirard est spécialisée dans la fabrication de cadenas et connaît un
développement constant marqué par trois grandes étapes :
- à partir de 1965, une fabrication de cadenas en laiton est mise en place selon des exigences
de grande qualité,
- en 1975, une diversification de la production est effectuée par la fabrication de verrous de
sûreté,
- en 1985, la société Thirard produit ses premières serrures et mettra en place par la suite
un département " organigramme ".
Depuis, tout ce qui concerne la sécurité est le domaine de la Société Thirard : serrures et verrous
de sûreté admis à la marque A2P, serrures en applique, cylindres profilés et garnitures pour portes
ont été introduits sur le marché. Ses fabrications classées A2P ou à la norme NF témoignent de la
fiabilité et de la rigueur apportées à leur réalisation.
Le développement constant de l'entreprise a ainsi permis de faire progresser très largement le
Chiffre d'Affaires durant les dix dernières années.
Ces résultats ont été acquis grâce au système Thirard, qui intégre :
- la maîtrise de la recherche et du développement
- la mise en œuvre sélective et organisée de moyens de production
- la fabrication répondant aux normes d’assurance qualité A2P et ISO 9001(V2000)
- une recherche et une adaptation constante aux derniers procédés de conditionnement
Aujourd’hui, avec plus de 300 personnes, 17500 m2 couverts, des moyens de production toujours
plus performants, la société Thirard poursuit son expansion et se place aux premiers rangs des
fabricants français.
Thirard, c'est aussi la confiance de 11 600 clients dont l'activité est répartie dans :
- l'Industrie
- le Bâtiment
- le Grand Public
- l'Export
Le Vimeu terre de serrurerie
Avec l’apparition de la métallurgie et de la serrurerie moderne 4000 ans avant JC, le
«travailleur du fer» bénéficie d’un statut particulier qui lui confère, sous François Ier, son premier véritable statut de serrurier.
Au milieu du XVème siècle apparaît la première évocation du métier de «Serrurier». C’est en ces termes qu’un homme, sur un acte de baptême retrouvé en Picardie, qualifie sa profession. Mais c’est sous le règne de Louis XIV que la serrurerie acquiert ses lettres de noblesse et devient le «quatrième Art» libéral (après la peinture, la sculpture et la musique). Les ateliers de serrurerie se multiplient.
En 1645, l’arrivée d’un horloger, J. Maquennehen, bouleverse la région du Vimeu. Dans l’incapacité de vivre de sa profession il crée un atelier de serrurerie dans la commune d’Escarbotin et converti les habitants à cet art. La région du Vimeu, nichée à l’ouest de la Picardie maritime, devient fer de lance des métiers de la serrurerie. Désormais on nait serrurier comme d’autres naissent marins. Depuis des générations l’habilité des gens à transformer les métaux génère la force de cette région. La révolution industrielle et l’avènement de l’électricité dans les ateliers renforcent cette hégémonie. Fermement implantée dans ce fleuron industriel, la société Thirard perpétue un savoir faire immuable…

"Fermer la porte à clé" : un geste multimillénaire.
Inventeur par nécessité, l'homme inventa dès l'âge de pierre le moyen d'être maître chez soi en fermant l'entrée du lieu où il élisait domicile. La notion de protection de la vie privée était née.
Les premières portes ne se bloquent pas de l'intérieur. L'homme invente donc le verrou. Ce dernier pratique deux encoches dans l'huisserie et place une barre de bois qu'il faudra soulever du sol à chaque ouverture. Mais se pose le problème de la fermeture extérieure. Il invente donc une broche, mère de la clé de nos jours, qui traverse un trou réalisé au centre de la porte et qui actionne le fonctionnement du dit verrou.
Dans la vallées des rois des égyptologues ont découverts des serrures. La serrure égyptienne s'ouvre avec une clé de bois ou de bronze en forme de "L" dont deux dents cylindriques dirigées vert le haut correspondent à l'épaisseur du pêne.
Les hébreux améliorèrent ce type de clé en la dotant de plusieurs chevilles de hauteurs différentes. Ce système muni de saillies, multiplie les possibilités de sûreté qui suivent un principe mathématique ; c'est le principe de la clé d'aujourd'hui avec ce que l'on appelle le tableau de taillage. A l'époque il suffisait pour ouvrir d'enfoncer la clé dans les trous du pêne puis de tirer latéralement, pour entraîner celui-ci. En perfectionnant le mouvement de la clé, qui de latéral devient rotatif le technicien d'alors fixe ce geste familier : “donner un tour de clé” .
C'est avec César que le serrurier jouit d'important privilège. Intégré dans l'armée il n'en est pas un soldat comme les autres. Tenu à l'écart pendant les batailles, s'il est fait prisonnier, il reste au service de l'armée victorieuse pour poursuivre son métier.
A la civilisation romaine succède une longue période sans évolution. C'est avec St Eloi (588-660) que l'on redécouvre la noblesse du travail du métal.
Dès l'adolescence il manifeste au travail du métal une virtuosité d'exception qui lui vaudra quelques siècles plus tard, le surnom de "Mozart de la serrurerie". Son père le confie à un orfèvre de talent. Il monte à Paris et le trésorier du roi le prend dans ses ateliers. Le jeune ouvrier exprime là son brio et son imagination. Attaché à la personne du roi, qui l'a pris en amitié, Eloi se voit bientôt confier l'archevêché de Noyon, puis de Tournai. Il deviendra Saint de l'Eglise, honoré et prié en d'innombrables lieux. Tous les serruriers du monde occidental, se plaçaient ainsi sous sa protection.
Le “Tape-dur”, comme on l’appelle encore, ou “Brûle-gueule” qui devient “Brûle noire” en Champagne, le serrurier a ses noms folkloriques. En Suisse romande, on le nomme “Machuré” et à Marseille le mauvais ouvrier se voit affubler de la désignation “c’est le serrurier de ma tante”.
Au Moyen Age, les clés ont un petit anneau de forme géométrique simple et un panneton important. L’objet est encore élémentaire, mais l’utilisateur aussi bien que le fabricant considèrent à cette époque que la serrure est aussi bien artistique qu’utilitaire.
Les Seigneurs et Roi prennent l'habitude de se déplacer avec leur serrurier et le Roi d'Angleterre fait placer ses propres serrures chaque soir.
Dès le 13ème siècle, Saint Louis ébauche une première réglementation qui interdit à un serrurier de travailler la nuit, car l’éclairage n’est pas suffisant pour cette activité minutieuse et l’on pourrait le soupçonner de faire des fausses clés. De nos jours les anciens textes sont toujours en vigueur, bien que tombés en désuétude. De plus trouver un bourreau nécessaire pour clouer par les oreilles, sur l’établi, le serrurier félon ne serait pas chose facile de nos jours.
A la renaissance, signe d'une civilisation florissante, la beauté prend le pas sur la commodité. Ainsi l'esthétique progresse plus vite que la mécanique qui reste rudimentaire.
Au XVIème siècle , François 1er crée un véritable statut du serrurier. En cas de perte d'une clé, l'ouverture d'une porte ne peut s'effectuer qu'en présence du maître des lieux. Tout faussaire peut finir pendu avec inscription au gibet “Crocheteur de portes”.
Les premiers ateliers de serrurerie voient le jour sous le règne de Louis XIV. C'est sous le règne du Roi Soleil que furent édictés les règlements corporatifs de 1650, où il est dit que la serrurerie fait partie des quatre arts libéraux après la peinture, la sculpture et la musique.
Avec le XVIIIème, c'est la révolution de la technique et de l'industrialisation. C'est l'éclosion de nombreuses entreprises de serrurerie. Picard est par exemple né en 1721, Fontaine en 1740, Bricard en 1782, Laperche en 1788. Passion de Louis XVI pour cette industrie, il en a favorisé le développement.
Mais c'est au XIXème, avec les premières machines à vapeur et le procédé de la fonte malléable que l'article de série remplacera l'objet fait à la main.
1825 création de Fichet, 1830 Debeaurain, 1864 Vachette, 1870 Bezault, 1896 Stremler et 1920 Thirard.
En 1926, c'est la naissance de la clé à "pompe NS Triplex". Puis en 1929 la sûreté à "pompe NS débrayable" reconnaît sa propre clé et tourne dans le vide en présence d'une clé étrangère.
Puis c'est la guerre de 1939-1945. En France on fabrique surtout des portes étanches et anti-souffle pour équiper les abris. Les usines "serrurières" sont endommagées ou obligées de se reconvertir et de produire des matériels de guerre.
A la libération l'activité reprend et le progrès technique aussi.
La serrure seule s'affirma jusqu'à nos jours comme le moyen de protection le plus sûr.
La Bible, elle même, lui donne son sens le plus spirituel en la promesse du Christ à Pierre : “Je te donnerai les clés du Royaume des cieux.”
Mettre un objet sous clé, est un gage de sécurité et clame l’inquiétude du propriétaire.
Au fil des siècles les systèmes de fermeture évolutifs se sont succédés. Des plus archaïques aux plus sophistiqués que nous connaissons aujourd'hui.
Mais la serrure reste un symbole de force et de sécurité.